Jean-Charles Rocha: «Il faut reprendre le modèle télévisuel actuel et l’adapter sur le web»
Jean-Charles Rocha, vice-président média de Touché!PHD et vice-président du Conseil des directeurs médias du Québec, animera un débat sur la viabilité des modèles d’affaires de la webtélé.
Pouvez-vous donner un aperçu de la table ronde et de ses invités?
Nous allons aborder un sujet chaud à l’heure actuelle : la webtélé. On se pose plusieurs questions relativement aux modèles d’affaires, mais aussi en tant que publicitaires. La première question est : «La webtélé est-elle un modèle viable?» Le modèle de Hulu.com aux États-Unis, va notamment être mis de l’avant. Est-ce une façon de contrer la fragmentation de la télévision? Probablement. Nous nous demanderons aussi qui va faire l’achat médias. Les agences vont-elle créer un guichet unique ou conserver deux guichets, pour internet et pour la télévision? Autour de la table, nous avons réuni des spécialistes des médias, du contenu et des réseaux. Nous allons chercher à savoir si le modèle du »pre-roll » de 15 ou 30 secondes fonctionnera encore dans les mois prochains. Tous prennent un virage, mais certains réseaux prennent une direction différente. À cela, s’ajoutent les questions de droits d’auteurs. Par exemple : «Combien de jour l’émission doit-elle être disponible?».
Selon vous, la webtélé peut-elle représenter une alternative à la télévision traditionnelle?
Je ne pense pas. C’est sûr qu’il y a le phénomène de iTunes sur lequel nous pouvons acheter des films et des émissions, et les regarder sur une multitude d’appareils tels le iPhone, et le iPod... Mais selon moi, il y a certains types d’émissions qui se regardent sur un écran d’ordinateur, mais il y a des moments clés, des émissions-phares, qui vont demeurer sur grand écran, à des moments de grands rendez-vous télévisuels. Le Banquier ou Tout le monde en parle sont regardés par plus d’un million de personnes le dimanche soir. C’est tout de même un phénomène. Et c’est le lendemain que les gens vont en parler. Je ne suis pas certain qu’en regardant ces émissions une semaine plus tard, je vais faire partie de la communauté télévisuelle. Alors, il y a des contenus qui vont très bien vivre et fonctionner sur internet, tandis que d’autres n’y sont tout simplement pas destinés. Pour ces derniers, il est toutefois possible de faire des extensions du contenu sur le web.
Quelles sont les autres façons d’intégrer de la publicité en webtélé, autre que l’incontournable « pre-roll »?
On fait de la publicité, il faut que ce soit un minimum intrusif. Alors, le fait que la personne soit devant l’ordinateur, donc plus attentive, vaut-il plus cher que le coût par mille en télévision, où peut-être 30% des gens se lèvent, zappent et ne voient pas publicités? Et quelle est la limite à ne pas dépasser? Il faut considérer le niveau d’attention, et aussi le niveau d’irritation de l’internaute. Plus le contenu est court, plus la publicité devrait l’être aussi, soit 15 secondes ou moins. Dans du contenu plus long, comme des émissions de 45 minutes ou une heure, on peut peut-être se permettre d’avoir quelques 30 secondes. Je pense que, tant que l’internaute comprend que c’est du contenu gratuit, il va accepter de de voir une publicité, en échange de pouvoir le re-visionner. L’entente va se faire à ce niveau-là. Il y a des modèles américains, par exemple ESPN, qui sont payants. L’internaute paie déjà pour son câble et son accès internet et doit, en plus, débourser pour avoir accès au contenu du site. À mon avis, il faut reprendre le modèle télévisuel actuel et voir comment l’adapter sur le web. Mais une autre question entre en compte : comment mesurer cela? Avec la webtélé, l’internaute est à un clic de faire un achat sur le web. Et la beauté du web est qu’on peut faire une pause pour se rendre sur le site de l’annonceur, ce qu’on risque moins de faire en télévision.


8 septembre 2009 a 10 h 26 min
[...] Je vous invite à lire l’article complet de Marianne Chouinard sur le blogue RDV Médias. [...]
8 septembre 2009 a 13 h 51 min
[...] article et surtout un blogue sur lequel je suis tombé sur [...]
19 septembre 2009 a 8 h 39 min
Suite à la journée et ayant assisté à ce débat en particulier, je croix comme Dominique-Sébastien Forest que nous nous dirigeons vers un modèle ou la valeur d’une exposition média sera mesuré et évalué selon l’engagement que l’usager aura avec le message.
Montrer des messages pour montrer des messages (peu importe le média), c’est comme lancer plusieurs filets à la mer et espérer pour le mieux. Si on se consacre à un modèle basé sur l’engagement, on apprendra comment approcher les réels clients potentiels (pas ceux qu’on croix devraient l’être) pour réaliser du vrais ROI dans tous les sens.